Le Qatar est à nouveau en Afrique de l'Ouest
21 décembre 2017L'émir du Qatar Cheikh Tamin bin Hamad al-Thani a débuté, ce mardi (21 décembre), sa tournée au Sénégal. Un périple qui doit le conduire au Mali, en Guinée, au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire et au Ghana. Une initiative diplomatique qui intervient six mois après l'isolement du Qatar par ses voisins, dont l'Arabie Saoudite, qui l'accuse de soutenir les groupes terroristes dans le monde.
Depuis lors, le Qatar est soumis a un embargo suivi par presque tous les pays de la région, à l'exception de l'Iran, grand ennemi de l'Arabie saoudite.
L'Afrique devenue un enjeu pour les monarchies pétrolières.
Au mois de juin dernier, le royaume saoudien a conduit une campagne en Afrique en vue d'isoler son voisin, le Qatar, principalement dans les pays où le royaume saoudien exerce une certaine influence. Et le message était bien clair : il faut rompre toute coopération avec le Qatar. Les pays africains ont pour la plupart suivi la demande de l'Arabie saoudite, certains comme la Mauritanie et les Comores allant jusqu'à une rupture des relations diplomatiques.
Aujourd'hui, le Qatar cherche à reconquérir le terrain africain
À commencer par le Sénégal, un des pays qui avait rappelé son ambassadeur du Qatar. "Les Etats agissent en fonctions des enjeux économiques intérêts. Et le Qatar est disposé d’aider les pays africains, en finançant des projets. Et puis une campagne d’explication du Qatar permettrait de renforcer la diplomatie avec les pays qui avaient été identifiés très proches de l’Arabie Saoudite" a estimé le politologue sénégalais Moussa Diao. Ce dernier souligne que "les Etats africains vont inévitablement renouer leurs relations avec Doha."
Enjeu économique
Officiellement, la tournée vise le renforcement des partenariats économiques et plusieurs accords pourraient être conclus. La Guinée fait partie des pays ciblés grâce a son potentiel minier, explique Mamadi Condé, membre de l'Association des économistes guinéen.
"La Guinée regorge d’énormes potentialités minières. La bauxite tout comme le fer. C’est ce qui intéresse actuellement les investisseurs."
Outre l'aspect diplomatique et économique, la question sécuritaire devrait aussi faire l'objet de discussions au cours de cette tournée en Afrique de l'ouest. La zone sahélienne étant en grande partie déstabilisée par les mouvements extrémistes.