Morsi et l'œil vigilant des États-Unis
12 juillet 2012Mohamed Morsi a affirmé qu'il respecterait la décision de la Haute Cour constitutionnelle soutenue par l'armée, et qui suspend son décret rétablissant le Parlement. Mais le communiqué diffusé par l'agence officielle de presse ne mentionne pas si le nouveau président accepte la décision de la Cour. « Même si le jugement revient à empêcher le Parlement d'assumer ses responsabilités, nous respecterons cela parce que nous sommes un État de droit », a notamment indiqué Monsieur Morsi, qui se déclare par ailleurs prêt pour des consultations.
Un repli tactique ?
Ces consultations, dont la date reste inconnue, devraient inclure les partis politiques, les institutions et le Conseil suprême des forces armées. En prenant une telle décision, Mohamed Morsi veut certainement calmer le jeu. La dissolution du Parlement dominé par le mouvement des Frères musulmans et les événements qui s'en sont suivis ont eu pour effet de faire monter la tension. Une tension vieille d'au moins six décennies qui oppose les islamistes des Frères musulmans aux officiers de l'armée. Si cette tension perdure, elle pourrait coûter cher à l'Égypte .
La pression des États-Unis ?
C'est surtout l'aide des Américains qui serait remise en cause : depuis les accords de paix avec Israël en 1979, l'administration américaine verse à l'Égypte des dotations importantes destinées surtout à l'armée.
Ce partenariat entre l'Égypte et les États-Unis sera sans doute d'ailleurs au centre de la visite ce week-end de Mohamed Morsi à Washington. Et ce n'est pas par hasard que Morsi opte pour calmer le jeu. Son idée de dialoguer avec les acteurs politiques et judiciaires de son pays rentre dans la proposition faite par la secrétaire d'État américaine. Hillary Clinton avait réclamé un dialogue intensif pour trouver une solution à la crise autour du Parlement.