Nouvelles menaces terroristes
24 mai 2013C'est dans un communiqué mis en ligne par des sites islamistes que le groupe profère cette nouvelle menace. A en croire ce communiqué, les attentats qu'il a mené aux côtés du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'ouest (Mujao) au Niger ne seraient qu'une première réponse à une déclaration du président nigérien qui avait affirmé que les djihadistes avaient été vaincus. Par ailleurs, selon l'agence mauritanienne en ligne Alakhbar, le porte-parole du mouvement a affirmé que les attentats de jeudi au Niger contre l'armée nigérienne et le groupe français Areva avaient été supervisés par Mokhtar Belmokhtar qui n'est autre que le leader du groupe.
Mokhtar Belmokhtar de retour ?
Ancien dirigeant d'Aqmi, Mokhtar Belmokhtar avait quitté ce groupe fin 2012 pour créer son propre mouvement, "Les signataires par le sang", dont la première action d'envergure avait été une prise d'otages massive et sanguinaire en janvier sur un site gazier à In Amenas, dans le sud de l'Algérie.
Selon le Tchad qui intervient au Mali avec l'armée française, Belmokhtar s'était "fait explosé" en avril et serait mort. La France avait confirmé la mort d'Abou Zeid un des dirigeants d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), tué fin février dans le massif des Ifoghas dans le nord du Mali, mais pas celle de Mokhtar Belmokhtar surnommé le "Borgne".
Pour Soulé Adji, politologue et enseignant à l'université de Niamey cette annonce du retour de Mokhtar Belmokhtar peut être stratégique.
« Soit c'est un leurre qui a été présenté pour montrer la continuité du mouvement, Il peut être déjà mort mais ils veulent montrer l'image du chef toujours présent ce qui peut inquiéter les gouvernements puisque c'est un grand stratège qui connait bien le Sahel. Dans tout les cas, c'est un mouvement ce qui veut dire qu'il y a des adjoints formés a cette stratégie de la terreur, ce n'est pas une question d'un seul homme, c'est une équipe. »
Nouvelles menaces
A présent le mouvement menace de mener de nouvelles actions et de s'en prendre non seulement au Niger et à la France mais aussi à tous les autres pays engagés dans la lutte contre les islamistes armés au Mali. Pour Soulé Adji si cette menace doit être prise au sérieux il faut toutefois adopter une nouvelle stratégie pour lutter contre les djihadistes.
« Il ne faut pas seulement chercher à avoir une politique répressive, il faut aussi qu'il y ait une coordination entre les Etats au niveau du renseignement, que les pays concernés par ces attaques puissent prendre une position commune pour éviter des actions surprises.»
Pour l'heure si la coopération entre Etats africains pour lutter contre le terrorisme semble encore assez timide, la France, de son côté, a déjà réaffirmé son engagement à appuyer le continent, en l'occurrence l'Afrique de l'Ouest, dans cette lutte.